Kipling contre les pédagogues

En matière d’éducation, comme ailleurs du reste, on nous vend avec force propagande culpabilisatrice, que lever la main sur son enfant cémal, que donner des ordres à son gamin cémal, voir même que le consoler (si, si je l’ai lul) cémal. Le principe étant, comme toujours, de prôner des relations « horizontales » d’égalité et de bisous mais attention à ne pas manipuler l’enfant avec trop de bisous hein en remplacement des relations « verticales » de hiérarchie et d’autorité.

C’est absurde et abject.

C’est absurde parce qu’on ne sait absolument pas ce que donne ce genre d’expérimentation. C’est absurde parce que les méthodes d’éducation traditionnelles n’ont jamais empêché les gens à forte personnalité de s’exprimer, de marquer leur désaccord ou de faire de grandes choses. Elles marchent et l’ont prouvé pendant des siècles. Si ce n’est pas cassé, il ne faut pas le réparer toussa. C’est absurde, parce que croire qu’un enfant peut tout comprendre est parfaitement injuste puisqu’il n’a pas l’expérience nécessaire pour cela et que son cerveau n’est pas fini. Un enfant accorde une confiance absolue aux adultes et il est donc de leur devoir de les guider, comme ils peuvent, de leur montrer le bien et le mal et parfois de faire rentrer certaines leçons de manière à ce que les petits s’en souviennent. Si votre gamin veut aller foutre les doigts dans la prise à 8 mois, vous pouvez lui expliquer que l’électricité ça fait très bobo, que c’est issu de la fission d’atomes et ainsi de suite, ou vous pouvez lui mettre une tape sur la main quand il s’approche d’une prise. On peut faire un test et voir qui a les meilleurs résultats.

Ensuite c’est abject parce que le monde dont nous héritons n’est pas un monde de câlins, de discussions et de communication. Quand un terroriste musulman ou un koala enragé veut vous arracher la tête, vous pourrez toujours discuter avec lui, il n’empêche que vous finirez en plusieurs morceaux. Le monde est en guerre. Il est dur. Il est de notre devoir de préparer nos enfants à cette dureté pour qu’ils ne soient pas désemparés quand ils prendront leur premier coup dans la tronche ou qu’ils devront obéir aux ordres pour des raisons de vie ou de mort.

Dans son poème « Si », Kipling énumère les qualités nécessaires à la construction d’un empire et à la création d’un « homme ». On sait que ça a marché, pourquoi catapulter des méthodes si nobles et efficaces ?

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26 réponses à “Kipling contre les pédagogues

  1. René de Sévérac

    « les méthodes d’éducation traditionnelles n’ont jamais empêcher les gens à forte personnalité …  » de se développer. Notez, amiral, que le monde nouveau ne vise pas « les gens à forte personnalité », mais tout un chacun (d’autant qu’ils viennent avec des cultures diférentes) serais-ce au détriment des « gens à forte personnalité ».
    Notez bien que « les gens à forte personnalité » sont plus difficiles à gérer dans un espace multi-culturel : d’où la « fabrique du crétin » !

  2. René de Sévérac

    A la relecture, je découvre que par copie servile, j »ai été contaminé par une fote d’ortograf :
    « les méthodes d’éducation traditionnelles n’ont jamais empêché les gens à forte personnalité … »

  3. Je suis d’accord avec cette réflexion mais je me permets d’appuyer sur un point qui me paraît de plus en plus essentiel (lorsque j’observe mes « grands »).
    Vous dites : « Le monde est en guerre. Il est dur. Il est de notre devoir de préparer nos enfants à cette dureté pour qu’ils ne soient pas désemparés quand ils prendront leur premier coup dans la tronche « …

    Oui, mais je pense qu’il ne faut pas sous-estimer les combats intellectuels de notre époque, qu’il faut leur accorder toute notre attention et aguerrir nos enfants à ceux-ci dans la mesure de leurs talents et capacités.

    Autre « combat », le combat de chacun avec soi-même, le combat moral ou bien allons-y franchement, le combat spirituel, l’éducation à la vertu (qui rejoint aussi l’apprentissage du combat physique).

    Il y a cette belle citation de Dantec qui apparente l’éducation à un art martial : http://oralaboraetlege.blogspot.fr/2012/09/art-martial.html

    Et il y a aussi cette phrase, toujours de Dantec, que j’aime énormément et le terme de « guerre » peut prendre alors aussi ce sens de combat moral ou spirituel :
    « La guerre était sans nul doute la chose la plus simple à faire, mais c’était surtout la plus difficile à réussir ». »

  4. Vous évoquez un koala enragé… et que faites-vous s’il est au volant de votre voiture, en plus?

    Confer ceci: http://www.lematin.ch/culture/animaux/Zero-de-conduite-Mr-Koala/story/21812933

    Bonne fin de semaine!

  5. Mais, mais.. y a pas d’koalas dans le Livre de la Jungle ?!!
    Ni de terroriste muzz non plus.

  6.  » même si je ne crois pas que ce soit un complot ou même volontaire »

    Plus le temps passe et plus je me demande s’il n’y a pas une réelle volonté de créer des masses de « bons citoyens » qui votent « comme il faut »….

  7. J’sais pas. Y’a des jours où, purée, mes gosses me font suer. Une tape, une fessée, règlerait bien des problèmes, j’en suis certaine.
    Mais j’peux point, amiral. Je ne peux tout simplement pas frapper mes enfants, leur visage si doux, et déjà semblable à celui de leur père, non, impossible.
    Cela étant, sans avoir jamais frappé les miens, ils ne mettent pas les doigts dans la prise – mon mari leur a expliqué l’électricité avec des histoires de « petites bêtes » et aussi surprenant que cela puisse paraître, ça a marché.
    La seule entorse au « on ne tape pas », c’est qu’on leur apprend « si on te tape, tu tapes » (parce qu’ils ont aussi le droit de se défendre). Maintenant, après ça, non, pas de correction physique (pas plus que je n’accepterai une beigne de mon mari en qui j’ai pourtant une confiance absolue comme chef de famille).
    J’ai pris un certain nombre, voire un nombre certain, de baffes dans la gueule, jusqu’à l’adolescence. J’avais pas de forte personnalité pour compenser. Le résultat psy n’est pas joli-joli. Je préfère l’éviter à mes enfants.

    • Bof, quand je parle de baffes, ce n’est pas littéral. Le plus important dans ce billet c’est la notion de relation verticale avec les enfants.

      • Oui, j’imagine bien que vous ne battez pas comme plâtre votre rejeton.
        Mais à part ça, l’explication, ça marche bien la plupart du temps. Ce qui n’empêche pas d’imposer (tiens, par exemple, comme quand j’ai pris en poids l’Héritier pour le déposer à la crèche alors qu’il s’accrochait à moi en hurlant de désespoir).
        Toute la difficulté est de trouver un juste milieu, ça demande une énergie que nous n’avons pas toujours.
        Je suis en attendant tout à fait opposée à une « loi contre la fessée », qui nous amènerait à la situation épouvantable des pays nordiques où, dès que vous réprimandez votre gosse en pleine rue, les gens sont prêts à appeler les flics (vécu par plusieurs copains expat’s).

      • René de Sévérac

        @ Artémise, » le déposer à la crèche alors qu’il s’accrochait à moi en hurlant de désespoir »,le vrai problème est de rester conscient des devoirs que l’on a face à nos enfants, les abrutis qui donnent des conseils pensent certainement que les parents sont des « bourreaux d’enfants » alors que le problème me semble inverse !Combien je vois (au supermarché) d’enfants qui torturent leur mère !Mes quatre enfants ont engendré douze héritiers,ça me donne un panel représentatif qui suscite quelques inquiétudes.Seul mon fils (quatre enfants dont des jumeaux) a de l’autorité !Mes trois gendres (vous voyez qu’on n’est pas objectif) me semblent des archétypes de la nouvelle génération ! Mais ce n’est pas facile avec le matraquage idéologique ambient; Zemmour, loin du parfait abruti, rappelle qu’il a été « dressé » par un père qui n’hésitait pas à enlever la ceinture (je n’imagine pas pour autant qu’il s’en servait souvent, tant le geste est démonstratif). Bonne soirée à tous (les lecteurs). 

  8. relations horizontales , c’est un peu équivoque comme dénomination ,non?
    y a pas mal de meubles horizontaux , mais le premier qui vient à l’esprit , bref
    d’un autre coté , dans le crédo libertaire, ça n’est pas condamnable , même avec des mioches , heu pardon , des boxeurs thaïs de 40 ans

  9. René de Sévérac

    Amiral, j’ai cliqué répondre sur le message.
    Ce qui a pour effet de transmettre mon adresse. un nettoyage est-il possible ?

  10. Il faut dire aussi qu’entre six et douze ans, Kipling fut livré par ses parents à une sorte de famille de Ténardier qui le maltretèrent autant qu’ils purent. Il fit le dos rond en se réfugiant dans la lecture, la nuit sous les draps ou ailleurs, si bien qu’à force, il failli en devenir aveugle.
    Et c’est peut-être ainsi qu’on devient prix Nobel (de littérature, pas d’ophtalmologie hein !)
    Autres temps, autres mœurs (ou meurt)
    Bien à vous.

  11. Et rat homme : lire « maltraitèrent »
    Par ailleurs, pour ceux qui ont eu la chance de lire in extenso les deux Livres de la Jungle de Kipling (pas Disney) savent que le Mowgli en a vraiment chié avant de devenir un homme dont on ne connaîtra du reste, jamais la destinée. (Sauf quelques uns qui ont lu le troisième Livre de la Jungle signé par un autre — mort lui aussi, hélas…)

  12. Robert Marchenoir

    Ouais. Il faut leur apprendre à se battre. Comme ça :

    http://bit.ly/1nZ8DKD

    Veuillez noter que ce style de close-combat nécessite de savoir marcher sur sa queue. (Ce n’est pas une blague, c’est une découverte scientifique récente.)

    Ou alors, ils seront vulnérables comme ça :

    http://bit.ly/1FiHQfV

    • Vulnérable? Quelle désinformation Robert, ce Koala terrorise tous les passants, personne n’ose s’approcher, désolé, les images ne mentent pas. Quant à vos « combattants » pfttt ! leur manque plus qu’un tutu à vos deux tafioles.

    • Très spectaculaire période de gréco-romaine entre deux valeureux lutteurs, le résultat est sans appel, maintenu les deux épaules au sol le vaincu se soumet.
      Mais n’a-t-on plus la ressource arbitrale de souche dans ce pays de merde, pour faire venir un arbitre aux origines visiblement douteuses, qui de plus s’approche trop près des lutteurs au risque de les déconcentrer !

  13. Pingback: Kipling contre les pédagogues | Temps de...

  14. Le dilemme à venir pour les jeunes sera peut/être le suivant: quelle route suivre? Celle dessinée méticuleusement par mes parents ou celle du grand modernisme, qui de plus en plus va à l’encontre de principes éducatifs fondamentaux que de nombreux parents appliquent encore aujourd’hui.

    J’espère bien voir un jour apparaître le verbe torgnoler tiens.. Les campagnes d’affichage seraient visibles le long des routes, et on verrait écrit -« NON À LA TORGNOLE!
    A l’école, « fais chier, je m’ai fait torgnoler hier! »

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